Une du n°13 Zeitung Für Pferdeliebhaber, 1828

Drame au pistolet chez les sportsmen

Le 21 décembre 1833, un drame est venu secouer le petit milieu des riches propriétaires des chevaux de courses du Mecklembourg.  Ce faits divers conclu ainsi d’une bien triste façon le parcours du major Wachenhusen.

D’après Schrader, Johann Georg Wachenhusen (1781-1833) est né dans le Mecklembourg dans une famille aisée. Il a d’abord entamé une carrière d’officier en Suède, d’où il est sorti avec le grade de major au moment de son mariage (1805). Il s’est lancé ensuite dans l’élevage, d’abord dans un très beau domaine situé à Wimar, puis après des débuts difficiles, il du se rabattre sur une ferme plus modeste, à Lurup, sans rencontrer plus de succès. L’homme sort ruiné de cette expérience, mais encore vaillant. Grâce à ses relations et à l’appui du duc Christian-August de Schleswig-Holstein-Sonderburg-Augustenburg (1798-1869), il est nommé secrétaire des courses d’Oldeslo en 1820. Quatre ans plus tard, le baron Wilhelm von Biell l’aide à sortir d’une passe difficile, lorsqu’une crue du Rhin cause des pertes majeurs dans son troupeau. Après ces multiples revers de fortune, il déménage à Altona, en 1825, où il s’impose rapidement comme courtier spécialisé dans l’importation de chevaux de courses d’Angleterre. Pour consolider son commerce enfin florissant,  il a l’idée, la même année, toujours avec le soutien du baron, de lancer une revue dédiée à l’élevage, le Zeitung für Pferdeliebhaber.

Le succès est relatif : sa gazette lui sert quelque temps après de tribune pour régler ses comptes. Il fini par se mettre à dos une soixantaine de propriétaires des plus importants du Mecklembourg. À l’issue d’une réunion publique, une pétition contre lui fut même publiée dans la presse d’Hambourg en 1833, mettant à mal, non seulement sa gazette, mais également son activité lucrative de courtier. L’extrait de la pétition donne le ton: «qu’après les appréciations contradictoires et les nouvelles concernant les mêmes chevaux dans le journal mentionné, [Les signataires] n’attachent aucune valeur à ce journal» (“Sie fügen zugleich die Erklärung hinzu, dass sie nach den in der genannten Zeitung sieh selbst widersprechenden Beurtbeilungen und Nachrichten über die nämlichen Pferde auf jenes Blatt durchaus keinen Werth legen”, n° 262 du Hamburg Correspondent). Le riche comte Holmer (1781-1857) lance en réaction un journal concurrent, l’Hippologische Blätter.
Cette fronde difficile mènera Wachenhusen à défier en duel au pistolet le baron Wilhelm von Biel, son ancien soutien, qu’il rend responsable de la situation.

Geste suicidaire d’un homme acculé ? Il y perdit la vie le 21 décembre 1833 sur l’île de Wilhelmsbourg. Son fils, Detlof Wilhelm Friedrich (1806-1837), lieutenant dans la cavalerie d’Altona, tentera de continuer à sortir le journal pendant une petite année avant de jeter définitivement l’éponge. La revue du comte Holmer avait pris toute la place.

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