Patrice Franchet d’Espèrey D'une main déliée (Odile Jacob, 2023)

Mains ouvertes vers l’avenir de l’art équestre

Le dernier opus de Patrice Franchet d’Espérey vient de paraître aux éditions Odile Jacob sous le titre La main déliée. Si l’ancien écuyer du Cadre noir, qui fut aussi responsable la bibliothèque de l’honorable maison, a déjà une bibliographie bien fournie, cette publication revêt un caractère particulier: déjà, elle fait suite à une précédente parution datée de 2007, La main du maître, l’ensemble restituant la continuité de sa longue quête équestre et qui dépasse, par bien des manières, la vie d’un homme.

La transmission était au cœur du premier ouvrage. L’écuyer y explorait l’importance du compagnonnage de René Bacharach, tel un guide qui éclaire le long chemin de l’apprentissage de l’art équestre, jusqu’au moment où il faut s’en affranchir. La devise de Bacharach «Observe, Aime, Pense, Agit» semble répondre à l’épigraphe de Philippe Meirieu qui ouvre le second ouvrage: «Le respect du passé n’est pas sa duplication frileuse mais bien sa subversion hardie».

S’il s’est longtemps inspiré du bauchérisme et de l’important patrimoine écrit théorique sans équivalent, le cavalier, doublé d’un érudit, en prend parfois le contre-pied. En explorant plus avant la culture orientale que René Bacharach lui avait fait découvrir, il ouvre désormais un nouveau pan de la relation cavalier-cheval, conforté dans les échanges qu’il entretient désormais avec le maître d’Aïkido, Nguyen Thanh Thiên.

Par bien des aspects techniques et philosophiques, cette recherche tourne autour du bien-être du cheval avant tout. Les arts équestres et les arts martiaux, partagent «la recherche par le cercle, l’harmonie du geste et le concert des volontés au cœur de l’opposition». En accompagnant les mouvements du cheval de la manière la plus fluide possible, tel un partenaire de danse ou d’aïkido, le cavalier recherche le mouvement induit, sans aucune tension, pour préserver sa locomotion naturelle et son mental. Proche du zen, son équitation s’ouvre la voie aux cinq sens par quelques principes innovants, dans le prolongement de la tradition équestre classique.

En savoir plus: