« L’apprentissage de l’équitation ne peut pas se concevoir en dehors de l’idée d’une
interaction. N’évoluant pas dans un rapport à un objet (comme une autre discipline
sportive), mais dans un rapport à un sujet, c’est-a-dire a du vivant, elle met en
acte une communication imprégnée de représentations culturelles et personnelles, procurant
des savoirs d’ordre sémantique et sémiotique. L’observation de la pratique équestre
à l’aune de ses transformations historiques et scientifiques, nous permet de constater
que le paradigme dominant qui modélise l’équitation est celui de la simplification
et de la "commande", autrement dit, un système de pensée qui ne prend en compte ni
la complexité, ni l’autonomie du vivant (varela). L’équitation actuelle, adoptant
les modèles des sciences d’esprit cartésien et positiviste dans un environnement sportif
"bio-mécanistique", peut faire perdurer les anciens modèles, la problématique d’ensemble
de cette recherche, étant d’ordre constructiviste, peut se formuler ainsi : les modèles
équestres au travers de l’enseignement tel qu’il est pratiqué actuellement, étant
peu pertinents pour répondre aux aspirations des cavaliers, procurent une dissonance
cognitive, un écart conceptuel qui rendent compte d’une véritable rupture épistémologique,
se projetant sur le terrain de la formation. Cela concourt, pour une bonne part, à
la désaffection relative de la clientèle des centres équestres, telle qu’elle peut
être constatée aujourd’hui. » Présentation de l’éditeur (1994)