Escape with the Jockey Samuel Chifney c.1790-1820

Sam Chifney, grandeur et déshonneur d’un jockey

« Je revendique le droit universel de légitime défense. » déclare le génial jockey en ouverture de son Genius genuine qu’il publia à compte d’auteur en 1795 pour se justifier. En effet, le jockey, attaché au Prince de Galles depuis l’été 1790, s’est retrouvé au coeur d’un scandale où il fut accusé de tricherie un beau jour d’octobre 1791 : Chifney, favori des bookmakers, termine dernier d’une course à Newmarket, avec Escape, le cheval du Prince. On aurait pu statuer sur la méforme du cheval ce jour-là, mais on le soupçonna très vite d’avoir perdu volontairement : en effet, le jockey remporta sa course dès le lendemain, avec le même cheval, à une côte évidemment très lucrative…

Les connaissances physiologiques actuelles auraient peut-être permis de le blanchir. À l’époque, il n’y avait pas de contrôle anti-dopage, ou de film du finish. Il fut convoqué devant le Jockey-Club et interrogé par les stewards sans que sa bonne foi soit reconnue. A-t-il été victime de jalousies ? Ses attitudes de dandy d’avant l’heure en agaçaient plus d’un. Toujours est-il que le prince de Galles, ne voulant pas être mêler de trop près à l’affaire, mais ne désirant pas non plus désavouer son jockey, vendit son haras et coupa les ponts avec le monde des courses. Il continua toutefois à verser sa rente au jockey. Celui-ci, continua à monter un temps, mais la suspicion du milieu resta vive et il raccrocha ses bottes définitivement en 1800.

Il tenta également de gagner sa vie avec l’invention d’un harnachement que l’on utilise encore de nos jours et qui porte son nom. Mais, lourdement endetté par les investissements chez un sellier, le jockey finit brisé, ruiné et fut emprisonné pour dettes. Il termina sa vie dans la misère.

Il reste considéré comme un génie, avec ce sens inné du cheval et de la course pour savoir quand lancer le finish sur des rênes fluides. Son fils aîné deviendra entraîneur, et le plus jeune, reproduira les performances de son père sur les pistes, en immortalisant le Chifney rush.

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