Jean_de_Feschal_Traité_d'hippiatrie_

Le Traité d’embouchure de Jehan de Feschal

Le terme « Bit-Fitting » n’existait pas à la fin du XVe siècle. Néanmoins, les cavaliers se préoccupaient déjà de trouver la bonne embouchure pour leur monture. Si l’efficacité de l’action semblait passer loin devant la préoccupation du bien-être animal, elle n’en était pas absente, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Le manuscrit de Jehan de Feschal (fin du XVe, début XVIe siècle) ne comporte pas moins de 160 dessins colorés de modèles de mors différents et légendés d’une écriture gothique peu aisée à décrypter par nos yeux contemporains. On peut supposer qu’il servait de catalogue à l’écuyer ou de modèle au forgeron-éperonnier : chaque mors était forgé sur mesure en tenant compte de la taille de la langue, de la présence de canines, de la hauteur des barres, de la largeur de la mâchoire, etc. On réglait également les dimensions des branches du mors. Des « jouets » étaient ajoutés sur le canon, susceptibles de favoriser la décontraction de la mâchoire. Si ces embouchures sont très éloignées de ce que l’on utilise aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que le but était quand même de ne pas meurtrir la bouche du cheval : depuis Xénophon, beaucoup d’auteurs recommandent la « douceur de la main ». Jehan de Feschal serait sûrement tout aussi perplexe s’il avait l’occasion d’observer les présentoirs débordants de modèles de mors de nos selleries aujourd’hui.

Après plus de trois siècles et demi, le volume est réapparu, en 1837, dans la fabuleuse bibliothèque des Huzard, pour passer ensuite dans la collection du baron de Curnieu, professeur à l’École des haras du Pin, puis Directeur Général des haras. Il est entré dans les collections publiques en 1986.

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