Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (1769)

Les merveilles du fonds Bonnard

L’histoire du fonds Bonnard part d’un moment douloureux de la seconde guerre mondiale. L’homme a qui appartenait cette collection est Abel Bonnard (1893-1968),  ministre de l’Éducation nationale sous le régime de Vichy et condamné à mort par contumace. Il finira sa vie en exil en Espagne. Il fut également exclu du fauteuil n°12 qu’il occupait à l’Académie française en 1944. L’œuvre de cet homme politique, essayiste, romancier et poète l’y avait fait rentrée en 1932. Sa biographie officielle, tenue par la maison des immortels, signale qu’il : « exprime un nationalisme d’essence maurrassienne et développe une pensée marquée par l’antiparlementarisme et l’antisémitisme, pensée qui devait le conduire à signer, en 1935, le Manifeste pour la défense de l’Occident et de la Paix en Europe, et à adhérer à la fin des années 1930 au Parti populaire français de Doriot. Pendant l’Occupation, Abel Bonnard se rangea d’emblée dans le camp des partisans de la Collaboration, écrivant dans la presse collaborationniste […].»

Pour reconstituer les collections détruites à Caen, la ville ayant subi de très lourds bombardements, rasant une grande partie de la cité normande, un appel aux dons est lancé par le ministre de l’Éducation nationale, René Capitant, dès septembre 1944. Les livres afflueront de partout dans le monde grâce. En plus des donateurs, la bibliothèque hérita des livres récupérés par l’État. Ainsi, la plus grande partie de la bibliothèque de Bonnard sera confiée à la bibliothèque universitaire de Caen.

Abel Bonnard, par ailleurs grand voyageur, était curieux et cultivé: « Jugé à nouveau en 1960 et condamné à 10 ans de bannissement avec effet à partir de 1945, Abel Bonnard choisit de céder sa collection d’ouvrages à l’État contre une indemnisation. Environ 12 000 volumes, dont 2500 conservés à la réserve, témoignent de sa curiosité, de sa culture et de son goût pour les voyages. On y trouve des ouvrages sur l’histoire, la littérature, les beaux-arts, de nombreux récits de voyage, des guides anciens de villes (ancêtres des guides touristiques) parfois richement illustrés » nous apprend le site de la bibliothèque universitaire.

Et parmi ces volumes, figurent quelques très beaux livres équestres.
Ainsi, on y trouve Le cavalerice francois de Salomon de la Broue publié en 1602, considéré comme le premier livre en français sur l’équitation, Les Reigles militaires du chevalier Melzo (1615), Le modele du cavalier françois et son traité sur les embouchures du Sieur de Beaurepère (1665), L’Instruction du Roy de Pluvinel et ses merveilleuses gravures de Crispin de Pas (1666) La 2e édition de La Methode nouvelle & Invention extraordinaire de dresser les Chevaux de Newcastle, le bel in-folio de L’École de cavalerie de La Guérinière (1733) ou Les vrais principes de la cavalerie par Mr. Gaspar Saunier (1749).
On y trouve également le recueil de planches consacré à l’équitation de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert (1769).

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